Construction toiture chaumeTout commence par la récolte du roseau. Les producteurs et distributeurs de chaume parcourent les marais équipés d'une machine spécialement étudiée, automotrice à pneus basse pression qui possède à l'avant une machine à découper le roseau en bottes. L'ouvrier se trouvant sur le véhicule ramasse ces bottes au fur et à mesure et prend soin de les ranger.

Vient ensuite l'étape de la fabrication des gerbes, l'ouvrier enlève les morceaux de paille mal découpés de façon à former de solides et homogènes bottes de roseau. Chaque gerbe est solidement ficelée.


Pose du toit de chaume

Construction toit chaumeL'artisan chaumier peut maintenant entrer en action pour la construction du toit de chaume en posant tout d'abord ces bottes de chaume sur la charpente afin de confectionner cette surprenante toiture végétale, que l'on appelle aussi communément un toit de paille.

Muni d'outils spécifiques au couvreur chaume : battes, crochet, aiguilles, escabeau (chevalet ou chaise), couteau, crémaillère et fil d'inox.

Le premier compagnon chaumier monte sur la charpente alors que le second reste à terre et lance les bottes de roseau. C'est une étape très physique mais incontournable. Il faut placer chaque gerbe en les en les alignant les unes à côté des autres puis par empilement.

Chaque botte est ensuite débarrassée de ses liens à l'aide du couteau, c'est un fil d'inox qui servira de fixation finale remplaçant les liens de ficelle enlevés. La gerbe de roseau est façonnée avec la batte. C'est cette batte qui permet de bien ranger et aligner les tiges de roseau afin de donner une belle allure au toit de chaume (la botte de paille se travaille différemment). Cette étape est la plus difficile car tout se fait au "coup d'œil". En effet aucun cordeau ne peut rendre service au couvreur en raison de la longueur du roseau.

 

 

Le serrage de chaque botte de roseau est l'étape cruciale qui déterminera la bonne solidité du toit et permettra d'éviter au feu de se propager. Il se fait avec des aiguilles de chaumier. C'est d'ailleurs un des seuls gestes qui a changé par rapport aux techniques ancestrales, puisque avant l'apparition du fil de fer, le chaumier fixait chaque botte de roseau avec des écorces de ronces. Cette étape se répétera sur chaque gerbe de paille ou de roseau.

Il faut à peu près cinq ans de pratique pour acquérir une bonne technique et réaliser en moyenne, 5 mètres carrés de toiture chaume par jour.

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